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Le cyclisme dans les Pyrénées avec ABES
Le cyclisme est particulièrement développé dans les Pyrénées notamment pour l'ascension des cols qui sont très prisés d'un bout à l'autre de la chaîne et certains sont même aujourd'hui très bien équipés de panneaux d'informations indiquant les distances et les pourcentages de pente.
Les Pyrénées légendaires
C'est ici, dans ces cols légendaires, que se sont écrites nombre des plus belles pages de l'histoire du cyclisme. Depuis le fameux cri 'assassins' lancé en 1910 aux organisateurs par un Lapize arrivé à bout de forces au sommet de l'Aubisque, beaucoup de choses ont bien changé dans le monde du vélo. Mais c'est ici que souvent se sont jouées victoires ou défaites au Tour de France et les Pyrénées n'ont pas fini de faire la différence.
C'est aussi une reconnaissance de l'intérêt que ce département a toujours porté au cyclisme et de la qualité de ces hommes qui en ont fait leur métier. D'abord, bien sûr, la trilogie Cazala, Mastrotto, Qheheille qui a marqué pour longtemps la mémoire de tous les passionés de cyclisme du département. Trois gars de ce pays présents en même temps dans le Tour de France reste encore un événement unique.
N'est-ce pas Marcel Queheille qui, gagnant l'étape de Bayonne en 1959 provoquait la perte du maillot jaune de son ami Cazala ! Son secret, disait le 'diable rouge souletin', le piment et la chingarre. L'Orthézien Robert Cazala remporta le sprint final à Paris lors de la dernière étape du Tour de France 62, amené par Jacques Anquetil vêtu du maillot jaune, ce qui reste pour tous les anciens un moment d'émotion et de fierté. Raymond Mastrotto eut lui aussi ses heurs de gloires et nul ne peut oublier le brio avec lequel il sut s'imposer à Pau en 67.
Comme Bernard Labourdette qui, en 1971, lâchait le grand Merckx pour gagner à Gourette. Comme André Roméro, autre enfant de Bougarber qui termina 1er français après Bernard Thévenet lorsque celui trimopha pour la première fois en 1975.
Plus près de nous, H. Arbes de Lys et B. Becaas de Lasseube furent les brillants coéquipiers d'un Bernard Hinault à son apogée. C'est d'ailleurs chez son ami Arbes que Hinault, poursuivi par les journalistes lorsqu'il annonça son retrait du Tour de France 1980, se réfugia pour laisser passer la tempête médiatique.
Il faudrait un chapitre entier pour parler de Gilbert Duclos-Lassalle. Des Paris-Nice aux Paris-Roubaix, c'est un des derniers 'grands' de ce pays. Superbe dans la victoire, il a su l'être dans l'adversité et fut l'auteur d'un exploit unique dans l'histoire du cyclisme. C'était en 90 lors de l'étape Lourdes-Pau que Gilbert, l'enfant du pays, s'etait promis de gagner. Il pouvait le faire, il allait le faire lorsque, en tête d'une échappée sur le col de Marie Blanque, il apprit que son leader, Greg Lemond, porteur du maillot jaune, donné avec certitude comme futur vainqueur du Tour de France, était en difficulté à l'arrière. Il décida alors de le rejoindre pour l'aider à sortir de ce mauvais pas.
Et l'on vit ce spectacle étrange d'un coureur du Tour de France, faire demi tour et rouler en sens inverse de la course !
Le Béarnais ne gagna pas l'étape de Pau, Lemond garda son maillot jaune et fut vainqueur à Paris. Mais l'anecdote est beaucoup plus qu'une victoire d'étape. Elle rappelle avec à propos que nous sommes au pays des Mousquetaires et qu'ici, esprit chevaleresque et panache sont comme une seconde nature.
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